Nouveautés

Nouveautés par catégorie

Idée-lecture de la semaine

Chaque semaine nous vous proposons une Idée-lecture: un livre (ou un film) qui nous a plu, et qui peut-être vous plaira aussi...

 

Semaine du 22 juin 2020

Murène par Valentine Goby, Actes sud, 2019, 379 p. (Cote : R GOBY)

Hiver 1956. François, un jeune homme de 22 ans monte, suite à une panne de camion dans la neige, sur un wagon pour repérer un village où il pourrait trouver de l'aide. Mais il n'a pas vu la caténaire suspendue au-dessus de lui, et le voici, soudain frappé par la foudre d'un arc électrique, tombant dans le coma, défiguré et les bras emportés… C'est le début d'une terrible descente aux enfers, d'une amnésie dont il mettra du temps à sortir et, surtout, d'un corps affreusement diminué dont il va falloir apprivoiser les faiblesses. Autour de lui, certains s'éloignent, comme son amoureuse d'avant, d'autres, comme une infirmière particulièrement attentionnée, l'entourent de soins et de prévenance. Et puis, un jour, la contemplation d'une murène à travers la vitre d'un aquarium, crée un déclic : François apprendra à nager sans ses bras, retrouvera dans cet exercice le goût de vivre qui lui échappait, participant, comme l'un de ses pionniers, à l'émergence du handisport, avec en ligne de mire les Jeux paralympiques de Tokyo en 1964…
Un roman qui illustre d’une écriture magnifique la résilience et le dépassement de soi. (J.P.)


 

Semaine du 15 juin 2020

Les simples par Yannick Grannec, Anne Carrière, 2019, 445 p. (Cote : R GRAN)

1584, en Provence. L’abbaye de Notre-Dame du Loup est un havre de paix pour la petite communauté de bénédictines qui y mène une existence vouée à Dieu et à soulager les douleurs de Ses enfants. Ces religieuses doivent leur indépendance inhabituelle à la faveur d’un roi, et leur autonomie au don de leur doyenne, sœur Clémence, une herboriste dont certaines préparations de simples sont prisées jusqu’à la Cour. Le nouvel évêque de Vence, Jean de Solines, compte s’accaparer cette manne financière. Il dépêche deux vicaires dévoués, dont le jeune et sensible Léon, pour inspecter l’abbaye. À charge pour eux d’y trouver matière à scandale ou, à défaut... d’en provoquer un. Mais l’évêque, vite dépassé par ses propres intrigues, va allumer un brasier dont il est loin d’imaginer l’ampleur. Il aurait dû savoir que, lorsqu’on lui entrouvre la porte, le diable se sent partout chez lui...
Dans un univers qui peut rappeler celui du « Nom de la rose » d'Umberto Eco, ce roman rappelle qu'au XVIème siècle la connaissance n'était jamais loin de la sorcellerie, et que les femmes payaient le prix fort pour soigner leur prochain. (J.P.)


Semaine du 8 juin 2020

Né d’aucune femme par Franck Bouysse, La manufacture de livres, 2018, 333 p. (Cote : R BOUY)


Au crépuscule de sa vie, Gabriel, un curé de campagne tourmenté, se remémore ces cahiers découverts dans les replis de la robe d’une défunte qu’il devait inhumer. Il se souvient de la parole de Rose, couchée sur le papier. Une destinée tragique débutant sur les marchés où l’on peut vendre bêtes et autres victuailles, mais où il arrive parfois que l’on y cède sa propre fille afin de s’extirper de la misère, comme l’a fait Onésime en marchandant son aînée qui se retrouve aux prises avec le maître du Domaine des Forges. Ainsi livrée à la cruauté d’un homme odieux, Rose devient l’enjeu d’un leurre abject destiné à couvrir l’abominable convoitise d’une famille sans scrupule.

Un roman très noir, construit à l’image d’un conte, difficile à lâcher malgré le malaise éprouvé à sa lecture tant on est impatient de connaître la suite. (J.P.)

 

Semaine du 2 juin 2020

Les gratitudes par Delphine de Vigan, Lattès, 2019, 172 p. (Cote : R VIGA)

Parce qu'elle ne peut plus rester seule chez elle, et atteinte d'aphasie, Michka est placée dans un EHPAD. C'est une étape difficile à vivre du fait des nombreux deuils qu'elle a à faire (deuil de son autonomie, de son indépendance, de sa santé et de sa maison). Soutenue par Marie, une jeune femme très proche d'elle, sa fille de cœur et Jérôme, un orthophoniste, la vieille dame vit son angoissant dernier parcours. Alternant rêves, cauchemars et réalité, Michka comprend bien qu'elle perd inexorablement ses mots et donc l'usage de la parole. Marie raconte également comment Michka l'a sauvée mais qui sauvera Michka ? Cette dernière ne lâche rien et pour être en paix avec elle-même, il lui faudra réaliser son dernier souhait. Un roman qui illustre d’une écriture magnifique la résilience et le dépassement de soi.
Delphine de Vigan dépeint avec sensibilité et humour la perte d’autonomie et la fin de vie d’une personne âgée. Un récit lumineux qui laisse la place aux silences, aux regards reconnaissants et aimants, aux gestes attentifs et à la vie qui s'effiloche. (J.P.)


Semaine du 25 mai 2020

Oublier Klara par Isabelle Autissier, Stock, 2019, 321 p. (Cote : R AUTI)

Mourmansk, au Nord du cercle polaire. Sur son lit d’hôpital, Rubin se sait condamné. Seule une énigme le maintient en vie : alors qu’il n’était qu’un enfant, Klara, sa mère, chercheuse scientifique à l’époque de Staline, a été arrêtée sous ses yeux. Qu’est-elle devenue ? L’absence de Klara, la blessure ressentie enfant, ont fait de lui un homme rude. Avec lui-même. Avec son fils Iouri. Le père devient patron de chalutier, mutique. Le fils aura les oiseaux pour compagnons et la fuite pour horizon. Iouri s’exile en Amérique, tournant la page d’une enfance meurtrie. Mais à l’appel de son père, Iouri, désormais adulte, répond présent : ne pas oublier Klara ! Lutter contre l’Histoire, lutter contre un silence. Quel est le secret de Klara ? Peut-on conjurer le passé ? Dans son enquête, Iouri découvrira une vérité essentielle qui unit leurs destins.
Un roman à multiples facettes qui dénonce le système soviétique et ses déportations de masse, la peur omniprésente, l’endoctrinement de la population et même l’état de la Russie contemporaine. Mais c’est aussi un hymne à la Nature qu’Isabelle Autissier aime passionnément. (J.P.)


Semaine du 9 mars 2020

Ceux qui partent par Jeanne Benameur, Actes sud, 2019, 330 p.
(Cote : R BENA)

Nous sommes en 1910, sur Ellis Island, aux portes de New York. Il y a Donato et sa fille Emilia, les lettrés italiens, Gabor, l'homme qui veut fuir son clan, Esther, l'arménienne épargnée qui rêve d'inventer les nouvelles tenues des libres Américaines. Retenus un jour et une nuit sur Ellis Island, les voilà confrontés à l'épreuve de l'attente. Ensemble. Leurs routes se mêlent, se dénouent ou se lient. Mais tout dans ce temps suspendu prend une intensité qui marquera leur vie entière. Face à eux, André Jonsson, New-Yorkais, père islandais, mère fière d'une ascendance qui remonte aux premiers pionniers. Ce jeune photographe amateur tente de capter ce qui le relierait à ses ancêtres, émigrants eux aussi.
D’une écriture poétique et sensuelle, Jeanne Benameur compose une mosaïque de personnages et décrit leurs attentes et leurs espoirs dans ce champs des possibles qu’est Ellis Island. (J.P.)


Semaine du 2 mars 2020

Autour de ma mère par Catherine Safonoff, Zoé, 2006, 264 p. (Cote : R SAFO)

Une vieille femme perd la mémoire, perte qui incite sa fille unique à reconstituer le passé comme elle peut. Au travers de bribes de souvenirs et d'incidents quotidiens, la narratrice tient un carnet de bord pendant trois ans, un journal poétique parfois noir souvent cocasse, écrit contre le regret, l'amertume et la mort. C’est aussi un voyage de 13 jours sur l’île d’Egine en Grèce qui nous est rapporté.

On est plus que touché par la sensibilité de Catherine Safonoff. Sillonnant la ville de Genève à vélo, elle nous offre un regard subtil et poétique sur les petits riens qui font le quotidien. (IOL)


Semaine du 24 février 2020

Le prince à la petite tasse par Emilie de Turckheim, Calmann Lévy, 2018, 197 p. (Cote : V IMMIGRE)

Emilie, Fabrice et leurs 2 fils vivent à Paris, dans un appartement de 73 mètres carré. Chaque jour ils passent devant les tentes des réfugiés, et d’un commun accord ils décident d’accueillir un jeune migrant. Avec l'aide du Samu social, Reza, 21 ans, arrive chez eux en toute discrétion. Il a traversé de nombreux pays depuis son Afghanistan natal, a passé quelques années en Norvège avant d’en être chassé, pour finalement arriver en France.
Emilie de Turckheim tient un journal retraçant la formidable aventure que sa famille a vécu pendant 9 mois, accordant une confiance absolue à Reza, que l’on suit reprenant pied dans la vie et qui retrouve, grâce à la générosité et à l’humanité de ses hôtes, une dignité mise à mal par les épreuves. Ce récit, à la fois touchant et drôle nous rappelle combien l’exil forcé est dramatique, et que chacun d’entre nous, chanceux, pouvons apporter notre aide à ceux qui en ont besoin…(CJu)


Semaine du 17 février 2020

La grande escapade par Jean-Philippe Blondel,  Buchet Chastel, 2019, 265 p. (Cote : R BLON)

1975. Tandis que le pays subit les effets du premier choc pétrolier, que les femmes revendiquent leurs droits et que la mixité s’impose dans les cours de récréation, rien ne semble devoir troubler le quotidien des familles d’instituteurs du groupe scolaire Denis-Diderot. À moins que le train du changement ne s’engouffre tout à coup dans les classes et les corps et ne redessine les frontières d’un monde très différent…

Panorama d’une transition, tant au niveau individuel que sociétal, où l’on retrouve une finesse dans l’analyse des émotions et une pointe d’humour propre à J-P Blondel qui nous enchante ! (IOL)


Semaine du 3 février 2020

J’veux du soleil ! [DVD] par Gilles Perret et François Ruffin, Jour 2 fête, 2019, 76 min. (Cote : 303.6 Gilets jaunes)

«Jʹveux du soleil ! », le nouveau film de François Ruffin et Gilles Perret, est un road-movie documentaire partant à la rencontre des « gilets jaunes » chez eux et sur les ronds-points.
Pour les réalisateurs, il y avait urgence à produire un autre discours que celui des médias dominants évoquant « la négation de la France », le « viol de la démocratie », en accusant le mouvement de « violence, de racisme, d'homophobie et d'antisémitisme ». Et surtout des chaînes de télévision qui ne parlaient que de Paris… Or, Gilles Perret et François Ruffin n'habitent pas la capitale. Ils sont donc partis d'Amiens jusqu'à Montpellier, dans cette France de la périphérie souvent oubliée, pour voir ce qui se passait sur les ronds-points. Ils y ont découvert solidarité et dignité. Un film salutaire et éclairant pour tous ceux qui voudraient mieux comprendre ce mouvement social ! (CJu)


Semaine du 27 janvier 2020

Les lignes de ta paume par Douna Loup,  Mercure de France, 2012, 162 p. (Cote : R LOUP)

Linda est une vieille dame fantasque de 85 ans. Elle vit aujourd'hui à Genève, mais son histoire a commencé ailleurs. Elle a traversé tout le XXe siècle, de Bagnolet où elle est née à la Suisse où elle vit désormais. A la jeune fille qui l'écoute avec attention, elle va livrer les secrets de sa vie qui fut peu banale.

Une écriture magnifique pour parler de Linda Naeff, artiste peintre et sculptrice disparue en 2014. A l’âge de 60 ans, elle s’était mise à créer, dans sa cuisine, une œuvre expressive de plus de 4000 tableaux et 3000 sculptures ! (IOL)


Semaine du 20 janvier 2020

Un fils en or par Shilpi Somaya Gowda, Mercure de France, 2016, 462 p. (Cote : R GOWD)

Anil est un jeune Indien qui commence des études de médecine dans le Gujarat puis part les compléter aux États-Unis. Sa redoutable mère rêve pour lui d'une union prestigieuse. Or, depuis qu'il est petit, elle le sait très proche de Leena, la fille d'un métayer pauvre. Quand celle-ci devient une très belle jeune fille, il faut l'éloigner, en la mariant à la va-vite. Les destins croisés d'Anil et de Leena forment la trame de ce roman - lui en Amérique, qui est loin d'être l'eldorado qu'il croyait ; et elle en Inde, où sa vie sera celle de millions de femmes victimes de mariages arrangés. Ils se reverront un jour, chacun prêt à prendre sa vie en main, après beaucoup de souffrances. Mais auront-ils droit au bonheur ?
Un beau roman parlant de la difficulté à concilier tradition et modernité, mais pas que. Car il aborde également des thèmes tels que le racisme, la différence, le statut des femmes en Inde, les rapports familiaux, l’intégration d’un émigré dans un pays étranger… On s’attache aux héros et on les quitte avec regret.  (J.P.)


Semaine du 13 janvier 2020

Dans la combi de Thomas Pesquet par Marion Montaigne, Dargaud, 2017, 204 p. (Cote : BD Montaigne)

Le 2 juin 2017, le Français Thomas Pesquet, 38 ans, astronaute, rentrait sur Terre après avoir passé 6 mois dans la Station spatiale internationale. La réalisation d'un rêve d'enfant pour ce personnage hors-norme qui, après avoir été sélectionné parmi 8413 candidats, a suivi une formation intense pendant 7 ans, entre Cologne, Moscou, Houston et Baïkonour... Dans cette bande dessinée de reportage, Marion Montaigne raconte avec humour - sa marque de fabrique - le parcours de ce héros depuis sa sélection, puis sa formation, jusqu'à sa mission dans l'ISS et son retour sur Terre.
A la fois passionnante, instructive et hilarante, cette bande dessinée est un gros coup de cœur à ne pas rater ! (J.P.)


Semaine du 6 janvier 2020

Le loup par Jean-Marc Rochette, Casterman, 2019, 102 p. (Cote : BD Rochette)

Au massif des Écrins, Gaspard, un berger taciturne au caractère bien trempé, vit dans une quasi solitude sous le poids du deuil de son fils et de la santé mentale défaillante de sa femme. Son quotidien est simple, rythmé par le cycle des saisons et les besoins de ses bêtes. Son principal compagnon est un chien, fidèle et dévoué, bien qu’il ait des contacts avec notamment sa postière, et qu’il fréquente un bistrot de temps à autres. Blessé, Gaspard est un homme traditionnel au sens noble du terme, qui semble vivre dans une France d’un autre temps. Dans un contexte d’attaques à répétition, une nuit, il voit son troupeau de brebis massacré par une louve. Il l’abat, et fait ainsi un orphelin, un louveteau avec qui il va entrer en confrontation, aux confins de la folie, du désespoir, et où pointera dans un ultime duel la promesse d’un renouveau.
Quelle histoire magnifique ! Elle rappelle l’ambiance des livres de Jack London. Une ode à la nature et une réflexion sur la cohabitation de l’homme et du loup. Le tout sublimé par le dessin de Jean-Marc Rochette qui exprime son amour de la montagne à travers ses albums. (J.P.)

 

* * * * * * * * * *

Archives

Janvier-juin 2015

Août-décembre 2015

Janvier-juin 2016

Août-décembre 2016

Janvier-juin 2017

Août-décembre 2017

Janvier-juin 2018

Août-décembre 2018

Janvier-juin 2019

Août-décembre 2019

Malvoyant
Thème par défaut